Les machines désirantes sont des machines binaires, à règle binaire ou régime associatif ; toujours une machine couplée avec une autre. La synthèse productive, la production de production, a une forme connective : « et », « et puis »… C’est qu’il y a toujours une machine productrice d’un flux, et une autre qui lui est connectée, opérant une coupure, un prélèvement de flux (le sein - la bouche). Et comme la première est à son tour connectée à une autre par rapport à laquelle elle se comporte comme coupure ou prélèvement, la série binaire est linéaire dans toutes les directions. Le désir ne cesse d’effectuer le coupage de flux continus et d’objets partiels essentiellement fragmentaires et fragmentés. Le désir fait couler, coule et coupe. « J’aime toue ce qui coule, même le flux menstruel qui emporte les œufs non fécondés… », dit Miller dans son chant du désir*. Poche des eaux et calculs du rein ; flux de cheveu, flux de bave, flux de sperme, de merde ou d’urine qui sont produits par des objets partiels, constamment coupés par d’autres objets partiels, lesquels produisent d’autres flux, recoupés par d’autres objets partiels. Tout « objet » suppose la continuité d’un flux, tout flux, la fragmentation de l’objet. Sans doute chaque machine-organe interprète le monde entier d’après son propre flux, d’après l’énergie qui flue d’elle : l’œil interprète tout en termes de voir - le parler, l’entendre, le chier, le baiser… Mais toujours une connexion s’établit avec une autre machine, dans une transversale où la première coupe le flux de l’autre ou « voit » son flux coupé par l’autre.
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[Die Wunschmaschinen bilden binäre, auf binärer Regel und assoziativer Ordnung beruhende Maschinen. Stets ist eine Maschine einer anderen angekoppelt. Die produktive Synthese, Produktion der Produktion, besitzt konnektive Form: ‘und’, ‘und dann’ … Weil nämlich immer eine den Strom erzeugende Maschine und jene ihr angeschlossene, einen Einschnitt, eine Stromentname [prélèvement de flux] ausführende Maschine vorhanden ist (die Brust - der Mund). Und da jene erste Maschine ihrerseits einer weiteren angeschlossen ist, der gegenüber ihr Einschnitt und Entnahme ausführt, ist die binäre Serie in alle Richtungen hin linear. Unaufhörlich bewirkt der Wunsch die Verkopplung der stetigen Ströme mit den wesentlich fragmentarischen und fragmentierten Partialobjekten. Der Wunsch läßt fließen, fließt und trennt. ‘Ich liebe alles was fließt, sogar den Menstruationsfluß, der den unfrauchtbaren Samen wegschwemmt’, schreibt Miller in seinem Gesang vom Wunsch*. Fruchtblase und Nierensteine; Haar- und Speichelstrom, Ströme von Sperma, Scheiße, Urin, von Partialobjekten geschaffen, von anderen immer wieder abgetrennt, die neue Ströme erschaffen, die neuerlich von weiteren Partialobjekten abgeschnitten werden. Jedes ‘Objekt’ setzt die Beständigkeit eines Stroms voraus, jeder Strom die Fragmentierung des Objekts. Ohne Zweifel interpretiert jede Organmaschine die umfassende Wirklichkeit entsprechend ihrem eigenen Strom, das heißt entsprechend der ihr entströmenden Energie: das Auge deutet alles in Kategorien des Sehens - das Sprechen, das Hören, das Scheißen, das Ficken … Aber immer stellt die Verbindung zwischen zwei Maschinen her, innerhalb einer Transversale, in der die erste den Strom der anderen abtrennt oder ihren eigenen Strom von dieser abgetrennt ‘sieht’.]
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Gilles Deleuze, Felix Guattari, L’anti-œdipe, Capitalisme et schizophrénie, Les éditions de minuit, Paris, 1972/1973, pp. 11-12.
* Henry Miller, Tropique du cancer, ch. XIII (« … et mes entrailles s’épandent en un immense flux schizophrénique, évacuation qui me laisse face à face avec l’absolu… »).”
[merci a4rizm!]
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[Gilles Deleuze/Félix Guattari: Anti-Oedipus. Kapitalismus und Schizophrenie I. Übersetzt von Bernd Schwibs. Frankfurt am Main 1977, S. 11f.
* Henry Miller, Wendekreis des Krebses, Hamburg 1965, S. 277f. (‘… und mein Inneres ergießt sich in einem schizophrenen Ausbruch, einer Entleerung, die mich dem Absoluten von Angesicht zu Angesicht gegenüberstehen läßt.’)]